Le site
Ce site est composé de deux groupes de parcelles situées en périphérie du bourg de St-Julien-Montdenis, dans le fond de vallée. D’une superficie totale d’environ 5 ha, il est composé de milieux en friche restaurés en prairies.

Les enjeux
Au milieu du siècle dernier, la plupart des terres de fond de vallées, où la pente restait raisonnable, étaient encore cultivées ou fauchées. Les murets de séparation, les murgers (amoncellement des pierres retirées au fil du temps des prairies, élément typique et patrimonial de nombreux pays des Alpes) et les terrasses sont des témoins encore visibles aujourd’hui de cette exploitation ayant fortement regressé par la déprise agricole et la transformation de la société en montagne au cours des siècles précédents. Ainsi, à l’état initial, ce site de compensation était constitué de friches pour la plupart denses et compactes en bordure de prairies sèches. Quelques boisements jeunes et petites prairies relictuelles en cours de fermeture étaient également présents. Des espèces remarquables subsistaient encore mais restaient menacées par la fermeture du milieu. La suppression d’une bonne partie de la friche, accompagnée d’un travail du sol et d’un semis d’un mélange d’espèces locales des prairies au travers d’actions conséquentes de restauration écologique vise à rétablir un meilleur équilibre des prairies sèches et des milieux arbustifs les entourant. Les arbres mâtures sont conservés, les murets sont de nouveau exposés au soleil, le ré-enfrichement est combattu par la fauche et le pâturage, et le développement des lisières est contrôlé. De cette façon, le site redevient apte à l’accueil de nombreuses espèces remarquables de presque tous les groupes taxonomiques : oiseaux du bocage, reptiles, chauve-souris, flore messicole (tulipe précoce et ail rocambole), insectes…
Les partenaires
Association Foncière Pastorale du Thyl, Conservatoire d’Espaces Naturels de Savoie
Les objectifs
Restauration d’une mosaïque d’habitats arbustifs et ouverts
Réaliser des travaux et des aménagements nécessaires au maintien de l'activité agricole
Suivre l’évolution des populations d’espèces faunistiques et floristiques sur le site et de leurs habitats
A la découverte de…
La coronelle lisse. La détection des reptiles, à l’exception des espèces les plus communes tels que les lézards des murailles et lézards verts, s’avère particulièrement ardue puisqu’ils figurent en très bonne position parmi les espèces de la faune les plus discrètes. Ils trouvent notamment refuge sur ce site dans les très nombreux murets : plus de 1,5 km de murets ont été comptabilisés sur l’ensemble du périmètre ! Les murets exposés au soleil, tant par leur exposition sud que par un recouvrement limité de la végétation - la présence d’un peu de végétation devant les murets n’étant pas particulièrement néfaste - sont particulièrement intéressants. La coronelle lisse est un serpent dont la présence est liée à celle des lézards qui constituent l’essentiel de son menu. Cette espèce n’a pas été contactée sur le site avant les travaux de restauration, mais, ceux-ci ayant développé significativement la présence des lézards et ses habitats de prédilection, il est possible qu’elle trouve le site de Poutet/l’epine et Rieu-sec à son goût.
